Pourquoi ce festival ?

L’héritage de l’histoire

Les gens du voyage viennent aux Saintes Maries de la mer depuis des siècles.
On ignore à quelle date, ils ont commencé à fréquenter le sanctuaire camarguais, mais il est probable que dès leur arrivée, au XV ème siècle, certains groupes tziganes se rendaient aux célèbres foires de Beaucaire. Et de de là descendaient jusqu’en Camargue à l’époque des pèlerinages.
C’est seulement vers le milieu du XIX ème que la presse et les écrivains s’intéressent à leur présence. Racontant son pèlerinage en 1855, Mistral écrit : «L’église était bondée de gens du Languedoc, de femmes du pays d’Arles, d’infirmes, de bohémiennes… Ce sont d’ailleurs, ces dernières qui font brûler les plus gros cierges mais exclusivement à l’autel de Sara.».

En 1935, le marquis de Baroncelli et quelques chefs gitans de la région obtinrent d’organiser une procession en l’honneur de Sara, en donnant au pèlerinage son pittoresque fervent qu’on lui connaît aujourd’hui.
Certes, le temps n’est plus où ils arrivaient en brinquebalant sur les routes du delta les vieilles roulottes aux couleurs vives qui enchantaient Van Gogh.Et pourtant c’est le même peuple qui, avec la même ardeur communicative, remplit les rues, les places du village : diseuses de bonne aventure, maquignons, vanniers, musiciens… tous sont sont là pour le pèlerinage.
C’est ce rassemblement annuel qui a fait la réputation mondiale du petit village des Saintes Maries de la mer. Dans l’inconscient collectif des visiteurs, le lieu résonne toute l’année aux sons des guitares et des violons tziganes et la musique anime les rues en toutes saisons.
En réalité, même pendant le pèlerinage de mai, le village ne présente pas l’ambiance musicale que les visiteurs s’attendent à trouver, et qui l’a fait connaître dans les années 70.
Pourtant la création musicale des gens du voyage est féconde et diverse : flamenco, musique traditionnelle, jazz manouche… Sa richesse vaut bien qu’elle ait son festival.
Et quel meilleur endroit que celui où les gens du voyage se retrouvent chaque année depuis plusieurs siècles pour honorer leur sainte patronne Sara.